Des auteurs

Dans cette rubrique, je présenterai uniquement les œuvres d’auteurs, peu connus du grand public, méritant de toucher un plus large lectorat.

 

Pour les autres, Les Grands Auteurs, désignés souvent ainsi abusivement ou non, édités par les Grandes Maisons d’Édition, vous avez, chers lecteurs, les avis des médias spécialisés pour vous faire une opinion du contenu de leurs œuvres. À vous de juger de l’objectivité de ces informateurs.

 

Ne terminant jamais les livres qui ne me plaisent pas, cette rubrique n’en sera jamais la critique. Je ne ferai pas non plus une analyse détaillée de chacun, mais exprimerai simplement les sentiments ressentis. 

 


"Les livres mystérieux", de René Raimbau

L’écriture de René Raimbau est claire et concise. Elle ne laisse place ni à l’ambiguïté ni à la confusion. Sa passion pour le cinéma l’inspire probablement pour la description des scènes d’action, lesquelles pourraient très bien être adaptées aux bandes dessinées ou suggérer des séquences de films.

 

Par le pittoresque de certaines situations, par les traits de caractères des personnages, on sent ici l’influence de Maupassant.

 

Miguel de Cervantès recommanda de toujours tenir dans sa main celle de l’enfant que l’on a été. René Raimbau n’a pas lâché celle de l’enfant qu’il fut : il nous rappelle les peurs nocturnes infantiles venues de notre imaginaire, terreurs que nous tentions de fuir en nous cachant sous nos draps. Dans « Les livres mystérieux », ces angoisses sont résurgentes en certains personnages adultes mis en présence de situations insolites.

 

En refermant un ouvrage sur sa dernière page, si l’on s’accorde un instant de méditation sur son contenu, parfois on découvre que, volontairement ou non, son auteur incite à la réflexion sur tel ou tel sujet.

 

Une évidence m’est apparue dès le début de ce récit :

 

Et si, le livre imprimé sur papier restait pour très longtemps, peut-être pour des siècles, la seule mémoire des écrivains disparus ?

 

Et si, parmi les multiples genres de ceux-ci, le roman était celui qui, parce que lu par le plus grand nombre, permettait de transmettre salutairement la personnalité de son auteur ?

 

Combien d’œuvres dorment-elles ainsi dans les greniers ? Soustraites un temps, elles surgissent un jour du néant par la volonté d’un désir de rangement, par les hasards d’un héritage. Parfois, l’une d’elles révèle à son découvreur la richesse d’un romancier oublié. Alors, le livre regagne une bibliothèque où il attend à nouveau qu’une main curieuse le saisisse.

 

Dans un siècle ou deux, la personne qui, par chance, retrouvera un ouvrage de René Raimbau, l’appréciera et le placera dans les rayons de sa bibliothèque. Il le mettra parmi les romans dont les intrigues témoignent de la vie en des lieux chargés d’histoire. Souhaitons à ce dénicheur de ne pas connaître alors les mésaventures du héros de « Les livres mystérieux ».

 

Ainsi, les récits de René Raimbau auront contribué à sauvegarder la mémoire des Croisicais. 

 

Pendant ce temps, le même livre, compacté en langage numérique, aura disparu au gré des multiples progressions éphémères des supports informatiques. 

 

Format : 21 x 14,5 - 96 pages - 12 €

éditions du Traict 

 

 

 



"Le petit Lebansky" de Stéphane Chamak 

 

L’auteur nous entraîne dans les aventures de son héros par une écriture, vivante, dynamique et claire. On est d’emblée conquis par ce personnage, complexé par sa petite taille, au langage coloré d’argot et de métaphores originales, qui subit une cascade d’emmerdes toujours surprenantes. Ce drôle d’oiseau se frotte à ces difficultés non sans y laisser quelques plumes.

 

Sans tomber dans la caricature, les autres personnages, qu’ils soient attachants ou antipathiques, ne manquent pas non plus d’épaisseur.

 

Mais, sous le couvert d’une intrigue amusante, touchant parfois au burlesque, Stéphane Chamak nous entraîne, pour qui veut y être attentif, à une réflexion sur le droit légitime et serein à la différence. Terme discriminatoire utilisé par les bien-pensants se disant normaux, par opposition à tout ce qui n’entre pas dans le cadre étroit de leur vision du monde en termes d’origines, de religions, d’apparences physiques, etc.

 

Lebansky souffre de sa petite taille, et se bat contre qui y fait allusion. Cerné par les imbéciles, peut-être fera-t-il le choix un jour de s’accepter, aidé en cela par le souvenir de son père Polonais, qui fut lui-même malmené par les ricochets de la vie. Dans les paragraphes dédiés à ce dernier, l’écriture devient plus profonde, voire poétique. 

 

L’épilogue terminé, je suis resté un instant, le livre fermé à la main, un peu comme au cinéma quand on ne se lève pas tout de suite après le mot Fin inscrit sur l’écran. Moment hors du temps où l’esprit flotte dans une plénitude floue ; prélude à la réflexion.

 

 

Format 15x21 - 333 pages - 17€

 

Vous pouvez en savoir plus et commander ce roman ici :  

 

http://le-widj.over-blog.com/