Dédicaces le 20 février
au centre culturel Leclerc à Guérande.
Ecriture en cours :
Reprise des épisodes "Les aventures de Paulo" pour proposition éventuelle à l'édition.
Début d'un nouveau roman genre drame sentimental, sur fond d'intrigue policière.

La vie du sculpteur de sons est infernale.
Jugez plutôt : chaque fois qu’il crée un son, celui-ci s’échappe. Dès que de ses mains habiles naît un son, ce dernier s’évade !
Il a pourtant tout tenté pour les garder, allant même jusqu’à les prier, les supplier, mais les sons n’ont pas retenu la leçon ! Ils n’ont rien voulu entendre.
Avouez que ce n’est pas aisé pour l’artiste de travailler dans ces conditions ! Comment voulez-vous qu’il travaille son son si celui-ci cesse ?
Pourtant, l’autre jour, il a réussi.
Pour que le son ne s’échappe pas comme ses prédécesseurs, il ne lui a pas permis de se détacher complètement de l’instrument. Le son est resté suspendu et il a duré… duré… duré… c’était un Si. Ainsi, l’artiste en a profité ! Il l’a travaillé son son ! Il lui a donné toutes les formes possibles !
Il l’a étiré, vrillé, modulé, vibré, courbé, bosselé, écaillé, martelé, écorné, écorché, évidé, soncissonné…
Au bout d’un temps, il a tout de même fallu qu’il y mette un bémol : ne supportant plus les cris de souffrance du Si, les voisins ont crié à l’unisson : « Cessons ces sons ou on vous fait payer la note ! »
L’artiste n’en a eu cure. Pensez, pour une fois qu’il en tenait un, il n’allait pas le laisser aller ! Voilà des semaines qu’il n’avait pu en garder un sous son outil. « Non ! Je connais la chanson ! Ce son est un bon Si, je ne vais pas en rester là ! » a-t-il répondu à ses voisins.
Alors, ils ont appelé les gendarmes.
Ceux-ci ont demandé au sculpteur de cesser la torture de ce Si.
« Mais comment voulez-vous que je sculpte un son, si vous ne voulez pas que je touche ce Si ? Pourquoi faire une histoire ainsi pour un Si ? Flûte alors ! a-t-il rétorqué.
« Ça ne pèse pas lourd un son ; tout au plus un gamme ! a-t-il ajouté en se gaussant.
— Vous voyez bien que ce Si en a plein le dos ! Ce son ne rit pas, personne ne rit de cette sonnerie. Bon, si vous n’obtempérez pas, nous vous mettons au violon ! ont dit les gendarmes, courroucés.
— D’accord, laissons là ce Si, je vous suis. Comme ça, je vais pouvoir sculpter ceux-là sans gêner mes voisins, a-t-il répondu béatement.
— Desquels parler-vous ? ont demandé les pandores.
— Ceux du violon ! »
Pensant que cet homme n’avait pas toute sa raison, les gendarmes sont partis.
Lui, le sculpteur de sons, a voulu reprendre son travail, mais son Si avait profité de l’intervention des gendarmes pour faire une fugue. Alors il a tenté d’en piéger un autre.
Avouez que la vie d’un sculpteur de sons n’est pas si facile !
Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l’article L. 111-2 du code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992.
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