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Nouveau roman genre drame sentimental, sur fond d'intrigue policière dans Le Morbihan.

 

Essais pièces de théâtre.

 


 

 

 

 

 


 




 

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A âmes égales (2008)



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Titre : "À âmes égales" 
Genre : Drame contemporain
 
Présentation :
 

La vie de Roland Tourneur est gâchée par ce qu’il vécu durant la guerre d’Algérie. La haine le ronge, l’amène à des actes violents. Djamel et Marie l’aident à vaincre ses démons…

« C’est d’une tragédie dont il s’agit. La tragédie sans cesse renouvelée depuis la nuit des temps. Toujours la même. Tout a déjà été dit et écrit : la guerre, la haine, l’amour, la mort … bien sûr, et alors ? L’entendre, la lire, ne suffit pas. Il faut la subir, la ressentir dans sa chair et dans son âme pour que l’histoire, indélébile dans notre conscience, puisse servir notre comportement à venir. L’expérience des autres ne suffit pas. »
 

C’est ce que je pense. Je crois aussi que cette histoire aurait pu être la mienne, si la Providence ne m’avait protégé.



Extrait :

 

Peu à peu, au dégoût de lui-même vint s’ajouter la lassitude de vivre. Que pouvait-il espérer maintenant ? Trahir ses amis ou laisser condamner Djamel… Comment choisir ? Quel qu’il fût, son choix serait coupable. Favoriser l’un serait faire payer l’autre. Alors ? Alors son geste criminel, qu’il ne voulait oublier- il se l’interdisait -, l’entraînait inéluctablement vers l’abîme ! Depuis ce jour maudit, une seule possibilité d’échapper au naufrage lui avait été offerte : Marie. Il avait saisi sans hésitation cette main secourable qui l’avait aidé à s’échapper de la tempête mais ne l’avait pas ramené au rivage…

Ce soir, ses pensées venant par vagues de force croissante, l’incitaient à refuser la lutte.

« Valérie, depuis que tu es partie, ma vie n’est que vide…plus d’amis…quant à la famille ! Maman…perdue dans l’absence du souvenir… je n’existe plus pour elle ! Ma sœur ? Mon frère ? Qu’ai-je été pour eux ? Un étranger…à quoi bon ?... pour qui, pour quoi me battre ?... pour quelle cause ? »

Il se dirigea vers le grand placard du vestibule. Là, dans un angle, derrière les vêtements suspendus, il saisit d’une main le vieux fusil de chasse et de l’autre, dans un tiroir, il choisit deux chevrotines parmi quelques cartouches qu’il gardait sans utilité ; il ne chassait plus depuis longtemps. Il ouvrit la culasse, engagea une charge meurtrière dans la chambre gauche, la referma et alla s’asseoir dans son fauteuil. La crosse au sol, serrée entre ses pieds, il baissa la tête vers les noirs orifices de l’arme, posa l’index sur la première détente… à dix centimètres de son œil, l’extrémité des deux canons juxtaposés lui fit penser au symbole mathématique de l’infini… l’infini du néant ! pensa-t-il en y appliquant l’œil droit.

Il pressa la détente à l’instant précis où retentit la première sonnerie du téléphone.

La détonation et l’éclair de feu quasi simultanés auraient dû, pensa-t-il, être ses dernières perceptions avant de rejoindre ce qu’il espérait être la quiétude totale et définitive. Il n’en fut rien. L’appareil se manifesta une deuxième fois avant qu’il ne comprenne que le coup n’était pas parti. Pourquoi ? se demanda-t-il. Troisième sonnerie… Imbécile ! La première détente correspond au coup droit et j’ai mis la cartouche dans la chambre gauche ! Il engagea une seconde cartouche dans la chambre gauche du fusil. Quatrième sonnerie… il posa l’index sur la deuxième détente. Cinquième sonnerie… probablement un ami du parti ou JFB lui-même qui va encore me sermonner, ne put-il s’empêcher de penser. Que pourrait-il répondre ? Il hésitait à décrocher. Huitième sonnerie… et si c’était Marie ?... jetant le fusil au sol, il bondit vers le combiné.

Le fracas de la détonation le stoppa dans son élan. Il chancela. Le répondeur se déclancha sur la huitième sonnerie :

« Roland Couvreur vous prie de laisser vos coordonnées, il vous rappellera dès son retour…

— Bonjour, c’est Marie, je voulais savoir comment vous allez… tant pis ! Je… je rappellerai plus tard ! »

Il regarda les débris de la grosse potiche en grès et l’énorme trou dans la cloison de plâtre séparant la cuisine du séjour. Au sol, sur le tapis, le vieux fusil exhalait son effluve de poudre brûlée. Pris de tremblements, il se laissa choir dans le fauteuil. Son cœur, emballé, lui fit mal. Il y porta la main, s’affaissa en avant, resta ainsi quelques secondes, hébété, l’esprit vide.

 

Ce roman est paru en 2008 au format 13,5x20,5 - 196 pages - prix: 16 Euros.

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