Vendredi 3 février 2012
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Lorsqu’il vous parle de son art, les mots remplacent pinceaux et couleurs. En quelques phrases il exprime sa vision, et
vous l’écoutez avec attention car ses arguments sont les fruits d’une longue expérience, d’une réflexion sans concession. S’il sent que vous êtes sensible à ses paroles, alors la pupille s’anime
et brille plus encore entre ses paupières étirées. Les mains sculptent dans l’espace les contours de son propos pour lui donner plus de force encore.
Convaincre tout un chacun que l’art est message de paix universel. C’est le message récurrent qui jalonne son œuvre. Et,
lorsqu’il force les portes pour se faire entendre, certains disent qu’il veut attirer l’attention des médias pour sa publicité. Ceux-là, s’ils prenaient cinq minutes de leur précieux temps pour
l’écouter, comprendraient ce qui anime Pascal Guérineau : la passion. Passionné, oui, mais au sens noble du terme. C’est d’une passion maîtrisée dont il s’agit. Non pas une passion aveugle
mais, au contraire, un état affectif et intellectuel assez
puissant pour dominer la vie de l'esprit, par l'intensité de ses effets, ou par la permanence de son action (Petit robert).
Pascal est de ceux qui n’attendent pas
une institution, de quelque sorte ou confession qu’elle soit, pour le diriger sur le chemin qui conduit à l’élévation de l’âme. Sa religion, c’est l’Art. Et elle en vaut bien d’autres. C’est
évidemment la passion de l’amour qui anime Pascal et pas l’inverse.
N’exposer que les œuvres des peintres disparus, comme le fond la
plupart des conservateurs de musée, est une façon rétrograde de servir l’art. C’est pour combattre cet état d’esprit et pour contribuer à ce que leurs chances soient données aux peintres et
sculpteurs contemporains que Guérineau a forcé les portes des musées Maillol et du Louvre (www.artguerineau.com) . Mais à l’heure des malheurs engendrés depuis des décennies par la gabegie du
monde de la finance, qui se soucie de l’art ? Et pourtant, qu’il soit pictural, plastique, littéraire, de spectacle ou de toutes autres expressions, il est de première importance pour la
progression de l’espèce humaine.
En tant qu’auteur, indépendamment de l’amitié que je lui porte, le
discours de Pascal Guérineau ne peut me laisser indifférent. Certes, les maisons d’éditions ne sont pas, comme la plupart des musées d’expositions picturales, des cimetières d’auteurs. Et pour
cause ! Comment vivraient-elles sans subventions ? Mais on y retrouve la même ségrégation, car l’auteur, pour y être admis, n’a aucune chance s’il n’a pas de relations solides dans le
milieu ou s’il n’est pas le fils caché d’une personnalité importante, (entre autres facteurs publicitaires) !
Tout comme les musées qui, selon la proposition de Guérineau, pourrait
accorder 10% de leur surface d’exposition aux peintres contemporains, les grandes maisons d’éditions pourraient publier dix auteurs méconnus pour cent auteurs à la personnalité ou au talent
connu. Ce serait le moindre des encouragements à la pépinière qui, à terme et malgré tout, les faits vivre.
Devons-nous nous plaindre que la France
possède trop de talents ?
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